Parents : Comment dépister le mal être de votre enfant ?

Bien que les enfants et adolescents soient globalement en bonne santé, leurs mal-être et les troubles mentaux qui peuvent résulter d’une expérience forte de violence, de harcèlement, ou encore d’humiliation, subis lors de leur scolarisation, représentent aujourd’hui la première maladie à peser sur leur santé.

Parmi les troubles du comportement présent à l’adolescence, le recours à la scarification est en forte augmentation, majoritairement chez les filles, alors que les abus de substance comme le cannabis et l’alcool, se retrouveront davantage chez les garçons.

L’expression d’un mal-être chez l’adolescent à travers ces comportements, traduisent chez ce dernier, la difficulté à mettre des mots sur leur souffrance. D’où l’importance d’un suivi adapté qui leur permette de se sentir libres de parler.
 

Exemples de ces troubles du comportement :


Se faire des entailles avec un compas, un couteau de cuisine, la lame de rasoir, se bruler avec une cigarette… se faire mal dans sa chair pour oublier sa souffrance psychique. La scarification devient un refuge et un mode d’expression de cette douleur, pour ne pas aller plus loin.

Se murer dans le silence …tel est le réflexe de l’adolescente.

Exemple : « Marie, porte très régulièrement des manches longues, mais laisse percevoir des entailles profondes. Malgré l’intervention d’une surveillante du collège, Marie se mure dans le silence ».

Autre exemple :
« En primaire, Manon est victime de harcèlement scolaire, cela se poursuit au collège, pour se transformer en violence. Manon, sombre dans un profond mutisme, s’isole, s’entaille les bras pour développer par la suite des idées suicidaires. »


Comment expliquer ce passage à la scarification ?
 

Bien que cela puisse être étrange, la scarification est une technique « de survie », une façon de stopper un passage à l’acte irrémédiable. Il s’agit aussi d’atteindre l’apaisement, de faire taire cette douleur psychique, même si cela est de courte durée. Par ce geste, l’adolescente recherche également à mettre fin à ses ruminations incessantes, souvent jugeantes, culpabilisantes.

Nous pouvons être tentés de confondre la scarification et l’automutilation, qui est une atteinte à l’intégrité du corps, faisant référence à une envie de porter atteinte à sa vie. C’est en fait le contraire, la scarification est un moyen de se maintenir en vie, de faire sortir la souffrance, en quelque sorte.

Cela peut apparaître en réaction à un inceste, une agression sexuelle, du harcèlement scolaire , une situation familiale difficile ou encore le manque d’amour des parents.

Ce que l’adolescente ne peut exprimer par la parole, elle l’exprime à travers ses gestes. Et en même temps, la parole ne suffira pas pour que l’adolescente, à ce stade, sorte de son traumatisme, de sa souffrance, ni de sa peur ou de sa colère.

Le rôle des professionnels de l’enfance, enseignants et parents est de ne pas laisser l’adolescente s’isoler dans un mur de désespoir.

Même si l’entourage peut se sentir impuissant, il faut agir. Informer la direction du collège, l’infirmière scolaire, le conseiller principal d’éducation d’un lycée, les parents…tous doivent se mette en lien pour coopérer auprès de l’adolescent et évaluer la gravité de la situation, sans oublier de consulter un psychothérapeute et un psychiatre. Il est primordial de sortir des non-dits, de la peur d’être jugé ou rejeté, des tabous.

Il s’agit de mettre en place la prise en charge la plus adaptée et rapidement, afin d’éviter une trop grande détresse. Dans un premier temps, l’objectif du suivi n’est pas l’arrêt des scarifications, mais de faire en sorte que l’adolescente apprivoise sa souffrance, ses émotions et son stress, afin qu’elle ne ressente plus le besoin de se scarifier.

L’alliance thérapeutique, la confiance sera bien sur indispensable.