L'anxiété

L’anxiété touche 40% des français …

L’anxiété, selon un sondage Ifop-Psychologies, toucherait 40% des français. Un mal gênant voire très invalidant, pouvant conduire jusqu’à la crise d’angoisse.
 


 

Certains accidents de la vie peuvent être la source de nos angoisses, comme la perte d’un emploi, une rupture, la quête de performance, la pression du résultat, la peur du lendemain, ou encore, la peur de ne pas y arriver ou de ne pas être à la hauteur. Les causes sont multiples et les diagnostiquer le plus tôt possible est un incontournable pour mieux les gérer et éviter que cela ne s’enkyste.

Précisons également que nos situations présentes, réveillent parfois des peurs, des souvenirs difficiles, des humiliations ou autres blessures issues du passé. La vie peut alors s’inscrire comme un écho de ce qui n’a pas été réglé, pour devenir anxiogène.  
 



Il en découle des comportements « inadaptés » comme par exemple : des comportements compulsifs, des troubles de l’humeur, trouble du sommeil, de l’agressivité, certains évitements (lieux publics, difficultés dans les relations, difficultés lors de prise de parole ou de prise d’initiative etc.) allant jusqu’à des réactions physiologiques (accélération du rythme cardiaque, sueur, sensation de vertige et d’oppression, ruminations, perte de contrôle…).


L'anxiété sous toutes ses formes

Dans sa forme la plus invalidante, la crise de panique est une atteinte à la vie sociale de l’individu. Son caractère brutal et impromptu finit par rendre difficile les relations, les sorties ou les projets de la personne concernée. L’évitement sera souvent une stratégie pour ne pas vivre les symptômes ressentis donnant l’impression d’être proche de la mort ou de devenir fou. Les TAG (trouble anxieux généralisé) vont eux, envahir chaque seconde de son existence, les TOC (Troubles obsessionnels compulsifs) entraineront des rituels irrationnels (comme les TOC de vérification : vérifier à plusieurs reprises la fermeture des portes, les robinets…), et les phobies, pouvant elles se cristalliser sur les animaux, l’avion, les routes, les ponts…

Je rajouterai, que les personnes ayant subies un stress post-traumatique suite à un accident, une agression…peuvent également développer une profonde anxiété accompagnée de sensation, quasi permanente, qu’un danger reste présent.

Bien que naturelle, car inhérente à notre condition humaine (sensation et sentiment ayant permis à notre espèce de survivre face à un danger), l’anxiété dans certaines conditions nous fait perdre nos moyens et affole notre système nerveux et notre mental.
 


 


Parmi les différents courants thérapeutiques :
 

-L’EMDR

L’ EMDR (eye movement desensitization and reprocessing, méthode thérapeutique de désensibilisation et de reprogrammation par des mouvements oculaires) traite les troubles anxieux résultant d’un traumatisme.
La pratique a été mise au point par la psychologue américaine Francine Shapiro, elle permet au cerveau du patient de retraiter l’information traumatisante afin que ce dernier puisse la remettre « en perspective » faisant de son expérience un souvenir dénué de la surcharge émotionnelle et anxieuse. L’EMDR sera également très efficace sur les émotions et croyances limitantes.

Personne concernée : l’indication initiale de l’EMDR était le syndrome de stress post-traumatique. Cependant, cette technique s’est généralisée aux troubles anxieux secondaires résultant  d’un événement traumatique majeur, ou bien d’une succession de « petits » traumas (enfance difficile, violence, harcèlement moral…) se manifestant par des attaques de panique, les phobies, les TAG, certains TOC, etc.

Processus thérapeutique : après une phase de préparation, le patient porte son attention sur certains détails du souvenir traumatique, comme par exemple : les images, les pensées ou jugements négatifs associés, les émotions et les sensations corporelles). Puis, par un guidage spécifique, le thérapeute propose des séquences de mouvements oculaires : les vécus liés au trauma sont réactivés, mais parallèlement leur charge émotionnelle diminue. De nouvelles « associations » émergent, contribuant à restaurer une image plus positive de soi et du monde. La personne va à nouveau se connecter à son sentiment de sécurité.
 


 


-Les TCC

Les thérapies cognitives  et comportementales permettent à la personne d’identifier ses réflexes stratégiques, ses comportements « inadaptés » et de mieux comprendre ses sources de malaise, pour s’y adapter.
La méthode a été créée par deux psychiatres américains, Albert Ellis et Aaron Beck, les thérapies cognitives et comportementales (TCC) permettent à la personne de développer de nouveaux comportements grâce à une action sur ses pensées et ses croyances. Dans la démarche, le patient redevient acteur de sa vie et change son rapport à lui-même et au monde.

Personne concernée : Bien que les TCC soient largement reconnues dans le traitement des phobies et les TOC, les TCC sont aussi indiquées dans les troubles anxieux et de l’humeur, les crises d’angoisse et de panique, la gestion du stress, la dépression, dans le développement de l’affirmation de soi et l’estime de soi.

Processus thérapeutique : Le psychothérapeute va permettre au patient de mieux  comprendre et d’identifier la source de la problématique. Il s’agira à travers des exercices spécifiques et une programmation de taches, d’identifier et de modifier un système de pensées, d’émotions et de comportements erronés. Des techniques de relaxation, de visualisation, de respiration, seront vécus en cabinet et enregistrées, pour s’entrainer également entre chaque rendez-vous. Le patient s’engage dans ces taches pour mieux appréhender ses situations. Accompagner par une prise de conscience, la transformation se met en place.
 

-La méditation de pleine conscience

La pratique de pleine conscience repose sur l’acceptation et non la fuite ou la lutte de ce qui « est ». Elle prend ses origines dans les pratiques bouddhistes.  Mise à l’honneur par notamment Thich Nhat Hanh et Jon Kabat Zinn, la pleine conscience a rejoint désormais le monde laïc pour ses vertus apaisantes, de connexion à soi-même, pour plus de conscience et de connaissance de soi.

Personne concernée : toutes personnes au prise par une surcharge mentale, subissant ses ruminations anxiogènes et ayant mis son énergie plus dans le « faire », délaissant « l’être et le senti ». La pleine conscience est aujourd’hui largement proposée pour faire face également aux troubles de l’humeur, du sommeil, du comportement.

Processus thérapeutique : Dans un premier temps nous acceptons et accueillons les sensations, émotions et pensées. Le mental, en « rumination » pendant les périodes anxieuses, va se poser, à partir d’une intention volontaire et bienveillante, sur la respiration. Par ce processus qui peut paraitre simple, le corps va s’apaiser et envoyer au cerveau des messages positifs, de détente. Par cette pratique, la personne retrouve plus de stabilité, de calme et de discernement pour mieux faire face aux situations, autrefois stressantes et anxiogènes.
 



Publication, Patricia Léger, 7 janvier 2019


Prochain article : « Les premiers gestes simples pour gérer son angoisse »